Boxroom
Le verre d’ombre sur l’ombre d’une
table qui tourne autour de l’ombre
d’une tête

Ghérasim Luca [1]

Jérémie Setton est un monstre. Il nous montre ce que nous ne voyons pas, ce que nous ne voulons pas voir. Pour ce faire, il opacifie encore plus ce monde déjà bien opaque, l’obscurcit davantage et en gomme tout relief afin qu’enfin se révèle cette part d’ombre que nous préférions ignorer. Mais si nous jouons le jeu, il en vaut la chandelle. Car en nous interposant entre la source lumineuse et l’empreinte du peintre, soudain notre part d’ombre s’éclaire. Et ce que nous redoutions s’avère alors ami. Nous jouons avec l’ombre, nous en jouissons. Grâce à Jérémie Setton, c’est dans notre propre ombre que nous trouvons la lumière.

Jean-Bernard Thomas

 
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