Marseille vue par eboy

Une Marseille toute en pixels, vision artistique et ludique de la cité phocéenne. Après New York, Los Angeles, Tokyo, Londres, Venise et quelques autres, Marseille entre dans le cercle très fermé des villes pixelisées par le collectif eBoy.

eBoy, ce sont trois graphistes allemands ayant imaginé un style qui leur est propre : le pixel art, ou l’utilisation du pixel à des fins artistiques. Ils se sont spécialisés dans la « pixellisation » de villes entières, reconnaissables grâce à leurs monuments, leurs quartiers, leurs traditions… et aussi leurs entreprises, dont les enseignes parasitent ces représentations « artistiques » au point de leur donner des allures de super panneau publicitaire… Mais ok, faut bien qu’ils vivent les eBoy…

Alors que voit-on sur cette affiche de Marseille ? Le Vélodrome, La cité radieuse du Corbusier, la tour CMA-CGM, le bowl, le Vieux-Port, le fort Saint Jean, le château d’If, le David, la Bonne Mère… mais aussi le Mucem (qui sera terminé en 2013 !) et le ferry boat du futur, fonctionnant à l’énergie solaire. Mais ça et là, on s’étonne d’apercevoir les enseignes de quelques marques, élevées ainsi au rang d’éléments constitutifs du patrimoine culturel local. L’usine Haribo fait certes partie du tissu industriel historique de la ville, mais que viennent faire le CIC, Avenir Telecom, le groupe Snef, Internity ? Ces entreprises représentent-elles vraiment Marseille, au même titre que les monuments cités plus haut ? Quant à la culture locale, elle se réduit à quelques clichés comme une partie de pétanque, la criée, des mouettes, et le tournage d’un épisode de Plus Belle la Vie.

Car la place du Mistral, n’a pas été oubliée, elle… Le feuilleton débilitant de France 3 (dont la tour est en très bonne place sur l’affiche !) aurait-il été la seule source d’inspiration des graphistes allemands ? Marseille nous parait en effet bien consensuelle sur cette représentation politiquement très correcte. Et le joyeux foutoir du centre-ville paraît ici bien triste. Où sont les quartiers nord, les marchés colorés, les dealeurs de shit, les rues toutes pourries ? Mais qu’importe, si les marseillais ne se reconnaissent pas dans cette affiche ! Elle plaira sans doute aux touristes qui, entre deux tours de petit train, se précipiteront à l’office du tourisme où l’affiche est vendue 40 euros. Gageons que cette Marseille virtuelle connaitra un succès commercial bien réel.

Par René Leroy

 
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