
Bourse d’encouragement à l’écriture, commission théâtre, du Centre National du Livre en 2002, poète inédite du Cipm en 1998.
Lauréate du prix de poésie de la ville de Marseille en 1997.
Textes publiés en revue :
- Incidences,
- Haïku sans frontières,
- Poste Restante,
- Aléatoire,
- Edidinter,
- La plume, …
Chansons aux éditions Le port a jauni et sur le sitetolerancenowplease.
Assistante du poète-metteur-en-scène Armand Gatti.
A l’initiative du projet « Rio » à l’Estaque avec Jean-Marie Sanchez.
Collabore avec les compagnies « ma voisine s’appelle Cassandre », « Mila Rosa » et « Madgiquepool« .
Co-fondatrice des « Performances Migratoires » avec Vinciane Saelens.
Développe également des ateliers d’écriture en milieu scolaire ainsi qu’au sein de projets avec des associations.
Depuis 2001, dirige les ateliers d’écriture enfants-adolescents du Badaboum Théâtre à Marseille ainsi que des ateliers individuels pour des comédiens.
Marseille.
J’aime bien marcher dans la ville. Les arrêts de bus. Les coins de rues. Les restos. Les magasins. Les murs. Je peux regarder. Regarder les gens. Leurs corps. Leurs visages. Leurs vêtements. Regarder la façon dont ils marchent, se tiennent debout, ou ce qu’ils font.
Ils font partie du paysage comme les graffiti, les tags, comme les panneaux de signalisation, les trottoirs, les poubelles, les sirènes, les voitures, la mer, les bateaux, la lune…
Lorsque je marche, je laisse aller mes pensées. Mes pensées ne sont jamais serties d’une intention d’arrêter un raisonnement, de s’imposer par une formulation. Au contraire, elles dérivent, elles se cherchent, elles ont les apparences de l’expérimentation, de la maladresse, comme une manière d’exister, comme une façon de forcer la voie.
Autour de moi, sur les murs, les signes se multiplient. Ils me font signe de façon fugitive ou durable. Ils finissent par s’imposer comme symbôles et signes d’une époque. Le désordre visuel de la contagion persiste. C’est le regard qui prime et qui garde le dessus. Le regard, c’est l’oeil avant tout, dans sa dimension fonctionnelle et organique. C’est sa faculté de viser. Mais ici, ni proie, ni victime, car ce qui est en jeu, c’est le processus et la justesse de la précision : la justesse de l’acte.
Et cette relation esthétique que j’entretiens avec Marseille ou queMarseille elle-même provoque, cette relation mouvementée, toujours incertaine, a pour origine l’expérience quotidienne de la ville. Mon regard déambulatoire, disponible à l’immédiateté, se met en posture de « sentir » la ville comme puissance d’images.
Lorsque je marche, je me situe du côté de l’éphémère, des indices, de l’incertain, de la fragilité. Je me concentre sur latrace et sa matérialité. Je suis comme un appareil de photographie. Et mon corps, tantôt se faisant lui-même inscription dans l’espace public, tantôt jouant de cette distance, ne cesse de construire une poétique urbaine qui est le fruit d’une visée esthétique. La manière dont je regarde le temps présent dans sa réalité immédiate, trace la réalisation d’un parcours qui s’inscrit dans l’enchevêtrement des territoires urbains.
Les images que je photographie en appellent d’autres, et cette répétition hasardeuse caractérise mon existence, inscrite dans la morphologie urbaine comme la mise en devenir d’un destin.
Antonella Fiori
Le 2 septembre 2009
- le site de l'auteur : http://plaques-sensibles.hautetfort.com/





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