
Emmanuel Germond est né au début de l’année 1974 : c’est la fin du baby boom insouciant du « demain j’achèterai plus qu’hier ». C’est également le début de la crise qui va faire de chacun un looser qui angoisse à mort pour l’avenir. Avant : ceux de la campagne qui sont montés pour s’acheter un pavillon et un canapé et « tu oses te plaindre, tu n’as jamais manqué de rien ? ». Après : ceux qui sont nés dans le virtuel, les émotions produits et la ps2/cocaïne. Représentant symbolique de cette génération X, Emmanuel Germond est passé, comme tous ses amis, d’alterno-gauche à branché chiant et enfin socialo-fasciste avec conscience mondiale pour le samedi soir. En termes artistiques, cela se traduit par une génération perdue entre le design d’un aspirateur et le Xanax. Comme tout le monde, il fut : punk textuel à 20 ans, expérimental bruitiste puis éléctro-minimal à 25 avec ses amis graphistes. Ensuite, il devient sensible aux doux rythmes de nos frères de couleurs. Aigris devant le retour du rock qui « n’est qu’une pâle copie de ce qui était mieux avant », il est, comme tous les jeunes vieux blancs, touché par l’image, le cinéma : autant de sensibilité qu’il a développé, scotché devant la télévision commerciale, pendant les 20 premières années de sa vie ou il ne se passe rien. A défaut d’autres inspirations, il s’appuie sur Guy Debord pas lu pour faire de l’art en mélangeant des références médiatiques. Une idée = une œuvre. Un principe = un style.
A trente ans, il n’a jamais mis les pieds dans une expo, n’a jamais lu un livre d’art. Il photographie comme on lui a appris en couverture de Libé mais ne voit pas l’intérêt de cet « outil de description, appuyage de bouton codifié qui ne transmet aucune émotion ». A trente ans donc, il décide de devenir artiste. Il est l’auteur de plusieurs couvertures pour Ventilo : soit égocentrées ou pire, inexistantes. Suivront quelques pirouettes « mise en abîme de l’art/spectateur » : la série Marie Dominique, l’installationEcce Volvo et la pièce chorégraphique en Passant par là. Le seul intérêt de cet artiste, y compris dans cette série d’affiches exposition au danger, est qu’il représente son époque médiocre : une pratique même pas artisanale (ni travail, ni maîtrise), aucune perception personnel retransmise, aucune construction d’univers… : rien, si ce n’est l’accumulation de hasard dans une pratique anarchique « d’outils devenus accessibles au grand public ». Minable !!!
- le site de l'auteur : http://cargocollective.com/emmanuelgermond











