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Zarafa of Marseille est une girafe urbaine, un brin déracinée, qui vit sa vie de girafe vent debout. À mi-chemin entre Mata Hari et Louise Michel, elle intrigue et dit à peu près n’importe quoi au grand café du commerce facebookien d’où elle rayonne comme une bête sur ses amis, et plus généralement sur Marseille, capitale mondialisée de la culture en short. Elle est issue d’une longue et noble lignée de girafes intimement liées à l’histoire de Marseille.

La première du nom, surnommée « son altesse », fut offerte en 1826, dès sa sortie du Vieux-Port et sous les yeux esbaudis de Jean-Claude Gaudin (alors jeune bachelier), par le vice-roi d’Egypte Méhémet Ali à Charles X, roi de France et frère de Louis XVI. Elle passera son premier hiver à Marseille pour se remettre d’avoir traversé la Méditerranée dans un bateau tout exprès aménagé pour son confort. C’était la belle époque pour les girafes phocéennes qui connurent par la suite des épisodes plus ou moins flambants.

Un saut dans l’histoire plus tard, en l’an 2007, naissait Zarafa II, surnommée « l’intellectuelle » – Créateur Jean-Michel Rubio. Elle connut un sort tragique : fabriquée d’une armature de métal et habillée de 3000 livres de poche, elle fit la rencontre un soir de liesse d’un supporter à briquet lui trouvant des allures de fumigène. L’événement souleva une vive émotion tant il rappelait ces bûchers moyenâgeux, symbole d’obscurantisme et d’incurie crasse. Soudain, on était moins fier d’être Marseillais. On avait beau crier « Aïoli » en dansant le MIA, le cœur n’y était plus.

Zarafa III et son girafon (Marcel Zirafon), surnommés « the Phénix », naquirent quelques mois plus tard du désir de restaurer l’honneur de feu Zarafa II. Le renouveau zarafien, signé du persévérant Jean-Michel Rubio et de l’Art Book Collectif, fut inauguré en grande pompe sous les yeux embués du maire de secteur qui jura, la main sur le cœur, que « jamais plus il ne serait fait misère à une girafe sur le sol Marseillais : terre sacrée pour les girafes comme l’Inde l’est pour les vaches ». C’était, comme à son habitude, parler bien vite…

Car au même moment, une girafe Marseillaise répondant au prénom très commun (pour une girafe) de Zarafa, surnommée «la cagole », ouvrait son meilleur profil sur Facebook. Avatar assumé d’une tripotée de Zarafa, elle se fit rapidement remarquer sur toile à force de références à l’eau de rose, de spontanéité et d’irrévérencieuse naïveté. Sa campagne électorale pour devenir directrice générale de Marseille 2013 à la place de Bernard Latarjet marquera un tournant dans sa vie de girafe-martyre. En effet, le scrutin final, fait rarissime à Marseille où l’on triche mieux qu’ailleurs, aboutira sur un ex-æquo parfait entre les deux candidats finalistes : Zarafa le girafe et Gaston Defferre, un revenant qui en avait fait voter d’autres, et qui cherchait un strapontin pour roupiller. C’est alors qu’on décida d’organiser un grand match de football pour les départager. La suite est tristement célèbre, Zarafa sera immolée au second degré (avec le capitaine de son équipe, l’âne Eddy) sur la plage Gaston Defferre par un arbitre bâtisseur, accessoirement parrain du off (Rudy Ricciotti), qui avait sûrement des raisons cachées d’empêcher l’ascension du remuant ruminant…

Depuis, Zarafa of Marseille s’est auto proclamée présidente à vie du célèbre club de supporters des Winners (par esprit de vengeance) et a ouvert une nouvelle page Facebook (Zarafa of Marseille, capiteuse européenne de la sulfure) où elle se saoule toutes les nuits.

 
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