Marseille est une ville populaire où les normes bourgeoises n’ont pas cours. La solidarité cimente la ville où l’on adore la débrouille et le système D. Mais le lien social ne tient à certains endroits qu’à un fil… ou plutôt à une barrette de shit. La violence, face noire d’une ville pauvre, envahit les quartiers et les jeunes sont en première ligne.
Marseille est une ville monde où toutes les communautés ont fini par trouver, avec plus ou moins de bonheur, une place pour vivre. La ville n’a pas une identité, elle s’est construite avec la sédimentation des afflux de populations émigrées. Tout est ici bigarré et surprenant. Mais Marseille n’est pas une métropole pour autant. Les 111 villages font perdurer l’esprit de clocher qui empêche souvent de voir plus loin que le bout de son nez.
Des bâtiments sortent de terre, des quartiers se redessinent, des rues se réinventent… mais à la vitesse d’un escargot qui prendrait le soleil sur un transat. Il faut regarder la somme des plans, maquettes et projets qui s’empilent dans les caves de la ville. Car Marseille, avant de bouger, adore se reposer. Depuis Gyptis et Protis, la cité phocéenne adore s’inventer un avenir de métro-pole Méditerranéenne que personne ne voit jamais se réaliser.
Marseille est assise sur un site naturel magnifique, la rade est l’une des plus belles d’Europe, les collines qui entourent la ville sont splendides. Dans son chaos urbain, Marseille recèle des trésors connus et cachés. C’est une belle méditerranéenne, mais si ces atours sont chatoyants, elle a les ongles sales. Ses rues sont envahies par les voitures, ses trottoirs sont dominés par les déchets et ses façades sont noircies par la pollution.