MODE D’EMPLOI

Marseille2013.com, premier OFF dans l’histoire des capitales européennes de la culture

© Robert Ayache

Marseille2013.com a été créé en 2004 par Martin Carrese, Antonin Doussot et moi même, Eric Pringels. Nous sommes trois artistes marseillais et nous avons parié que Marseille serait capitale européenne de la culture en 2013. En 2004, nous déposons dans l’élan les noms de domaines marseille2013.org, marseille2013.com, marseille2013.fr ainsi que la marque « Marseille 2013 ».  Depuis, nous avons été rejoints par Stéphane Sarpaux pour les médias, Virginie Bel pour les partenariats, Xavier Leton et Marie-Christine Bouillé pour l’accompagnement des artistes. Nous nous sommes retrouvés au sein de l’association M2K13 qui porte le OFF.

Pourquoi organisez-vous ce OFF de la capitale européenne de la culture ?

Nous organisons un OFF car nous souhaitons replacer l’artiste au centre de l’événement.  L’équipe de Marseille-Provence 2013 poursuit manifestement d’autres objectifs, plus économiques et touristiques. Nous ne sommes pas en opposition avec eux. Nous sommes juste différents. Dans cette perspective, le OFF de Marseille 2013 sera une première dans l’histoire des capitales européennes de la culture !

L'alternative © We are not kalamazoo

A qui s’adresse votre appel à projets ?

Nous avons lancé un appel à projets aux artistes. Nous avons déjà reçu une trentaine de propositions dont les premières ont été publiées sur le site. Nous ne pouvons pas aller plus vite car, jusqu’à présent, nous sommes tous bénévoles. Le OFF, pour nous, c’est donc notre troisième journée (après le travail et la famille).

Comment aidez-vous les artistes ?

Nous publions leurs projets, ce qui leur donne déjà une visibilité. Ensuite, si l’artiste le désire, nous le mettons en contact avec le site kisskissbanbank.com (KKBB), notre partenaire financier, pour organiser sa levée de fonds. KKBB fonctionne comme MyMajorCompany : il aide les artistes à réaliser des micro-levées de fonds (de l’ordre de 5 000 euros) pour réaliser un projet.

Comment cela fonctionne ?

L’artiste travaille avec KKBB pour produire du texte, des visuels et tout autre matériel permettant de faire connaître son projet. Il a ensuite 90 jours pour motiver son cercle intime puis les amis des amis des amis, pour les inciter à miser sur son projet. Chaque versement donne droit à une contrepartie que l’artiste s’engage de donner à ses financeurs. Si au bout de 90 jours, la somme est atteinte, l’argent est versé à l’artiste. Si la somme n’est pas atteinte, rien n’est débité des comptes des donateurs.

Que faites-vous pour aider l’artiste pour sa levée de fonds ?

Nous donnons  un maximum de visibilité au projet, sur notre site, dont la fréquentation a doublé, sur nos réseaux sociaux qui sont en plein boom et nous proposons également à nos partenaires de le valoriser. Bref, nous mettons toute notre machine en action pour soutenir la levée de fonds, mais celle-ci est avant tout réalisée par l’artiste.

D’autres initiatives ?

Nicole Crème © Eric Pringels

Dans le même ordre d’idée que KKBB, nous sommes en discussion avec Smart, qui est une coopérative de portage salarial spécifique pour les artistes. Nous espérons ainsi pouvoir proposer un autre outil complémentaire pour la gestion des projets artistiques. Nous travaillons également à la mise en place d’une monnaie, « le Gaston », qui pourrait être mise en circulation pendant l’année de la capitale européenne de la culture.

Cela signe la fin du système de financement public de la culture ?

Nous sommes loin de penser cela. Le financement public demeure la pierre angulaire de la culture en France. Mais il est certain que la réduction des budgets, que cela soit au niveau de l’Etat ou dans les collectivités territoriales doit amener les artistes à trouver des systèmes de financement complémentaires. Ce sont ces pistes que nous explorons avec le OFF de 2013.

D’autant plus que vous possédez également la marque Marseille 2013 !

C’est exact. Nous avons commencé à développer du merchandising (badges, tee-shirts, tabliers) qui est vendu sur notre site, mais également dans des établissements marseillais (structures culturelles, magasins, bars, restos). Aujourd’hui, cela demeure l’une des deux sources de financement du OFF, avec les partenariats que nous avons pu monter. Nous espérons beaucoup des contacts que pourrons nous apporter le carrefour des possibles (Fondation internet nouvelle génération) qui a sélectionné notre projet comme « l’un des 10 plus innovants en PACA » cette année.

Les graphistes, c’est pas que des pigeons

Les graphistes, c’est pas que des pigeons © C-Ktre

Quels sont vos relations avec le IN ?

L’arrivée de Jean-François Chougnet en avril 2011à la tête de Marseille-Provence 2013 a quelque peu réchauffé nos relations avec eux. Mais pour l’instant, nous n’avons pas de nouvelles officielles de leur part. Pourtant, nous pensons que nos initiatives sont innovantes et sur certains points, complémentaires avec leur activité.

A quoi ressemblera le OFF de 2013 ?

Le OFF de 2013 n’a pas d’autres ambitions que fédérer des artistes et des acteurs culturels autour de notre projet de base : replacer l’artiste au centre de la capitale européenne de la culture. Et comme cette capitale se passe à Marseille, nous avons envie de mettre en avant ce qui nous attache à la ville : ses paradoxes. Ville cosmopolite mais esprit villageois, ville urbaine mais verte, ville portuaire mais tournée vers l’intérieur, ville morte la nuit mais prochaine capitale européenne de la culture, ville qui désigne des élus mais qui est gouvernée par d’autres, ville de chaos urbain mais qui tend à la normalisation, ville incontrôlable mais prévisible, ville monde mais qui ne pense qu’à Paris, ville raciste mais solidaire, ville repoussante mais attachante, Marseille nous séduit et nous révulse par ses multiples paradoxes. Elle agit en nous comme un aimant qui aurait le plus et le moins sur le même côté. Et c’est cela qui précisément en fait sa particularité. C’est souvent ce qui ne plaît pas aux pouvoirs qui voudraient tant que Marseille ressemble à une autre ville. Mais, nous, c’est comme cela qu’elle nous plaît. Et tous les artistes du OFF viendront offrir en 2013 leur vision de ces paradoxes aux visiteurs.

Mais concrètement, que va-t-il se passer ?

Nous espérons qu’un maximum d’artistes présents sur notre site se lanceront dans les levées de fonds pour pouvoir produire leurs œuvres et notre travail consistera à les accompagner. Pour cela, nous allons mettre en place des séances de travail régulières. Pendant ce temps-là, une autre partie de l’équipe recherche des financements et surtout un lieu dans le centre-ville de Marseille où nous pourrons installer nos bureaux, un shop et un espace d’expo. L’idée, c’est qu’en 2013, nous puissions programmer ces artistes dans ce lieu. Nous espérons également fédérer d’autres projets et structures culturelles dans la ville pour élargir le OFF. Notre objectif final, c’est qu’un maximum d’artistes du territoire aient la possibilité de profiter de 2013 pour présenter leur travail. Pour nous, c’est à cela que sert une capitale européenne de la culture.

Comment comptez-vous y arriver ?

Nous considérons que 2013 a déjà commencé. Pour fédérer autour de notre projet, nous avons décidé d’organiser chaque mois un événement sur Marseille, les « Fokonsvoi » à chaque fois dans un endroit différent. Cela a commencé par un match de foot sur les plages du Prado avec Rudi Ricciotti en arbitre, puis une soirée levée de fonds au Baron Perché, le lancement de notre monnaie Gaston au Waaw en juillet. Nous avons plusieurs prochaines pistes sérieuses. Restez connectés !

 
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